01/03/2009
Les cancers de la bouche touchent principalement les hommes de plus de 45 ans qui consomment de l'alcool et du tabac. Une simple visite chez le chirurgien-dentiste - au moins une fois par an - peut permettre un dépistage précoce des lésions. Un retard de diagnostic modifie "de façon catastrophique" le pronostic, alerte l'Institut national contre le cancer.
Cinq minutes. Il ne faut pas plus de temps à un dentiste bien formé pour déceler d'éventuelles lésions dans la bouche. "Les quelque 40.000 chirurgiens-dentistes qui examinent chaque jour plus de 500.000 patients ont un rôle essentiel à jouer dans la détection précoce des cancers de la bouche", estime Pr Didier Houssin, directeur général de la Santé.
Avec 6.600 nouveaux cas par an, la France présente une situation parmi les plus inquiétantes de l'Union européenne. "Les régions les plus touchées sont la Bretagne, la Champagne-Ardenne, la Haute-Normandie, le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie", signale une étude sur "le cancer dans les régions de France" réalisée par la Fédération nationale des observatoires de santé (Fnors).
Un diagnostic trop tardif
"Les cancers de la cavité buccale touchent le plancher de la bouche, la langue, les amygdales, le palais, les joues, les gencives ou encore les lèvres", précise Pr Didier Houssin. Dépistés de façon tardive, ils sont difficiles à soigner. Pour environ deux tiers des malades, le diagnostic n'intervient que lorsque la tumeur est à un stade avancé.
"Ce retard n'est pas acceptable car il modifie de façon catastrophique le pronostic", s'insurge le Pr Dominique Maraninchi, président de l'Institut national du cancer (Inca). Il est responsable chaque année en France de 1.500 décès qui pourraient être évités. "Pris en charge de façon précoce, les cancers de la bouche bénéficient de traitements plus légers et de séquelles moins lourdes", affirme-t-il.
Des effets dévastateurs
Les cancers de la bouche sont principalement liés à une consommation excessive de tabac et d'alcool. Ils touchent majoritairement des hommes de plus de 45 ans issus de milieux défavorisés. Or, l'effet dévastateur sur la bouche de ces deux substances est exponentiel. Il double pour une consommation d'alcool équivalente à deux verres de vin par jour. Il est multiplié par trois dès 4 verres et enfin par 6 pour un litre de vin par jour.
Emmanuelle Billon-Bernheim
Une vaste campagne de formation des dentistes
L'Institut national du cancer (Inca) et le ministère de la Santé ont lancé fin 2008 une campagne nationale de formation pour les chirurgiens-dentistes. Elle permet à tous ces professionnels de santé d'améliorer leurs connaissances dans le dépistage précoce des lésions suspectes de la bouche. De son côté, la Mutualité française va relayer cette action, durant toute l'année 2009, dans ses centres dentaires mutualistes. Elle organise avec l'Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD) et l'Inca des formations spécifiques pour les chirurgiens-dentistes salariés.
Une bonne hygiène bucco-dentaire
Une bonne hygiène quotidienne est indispensable pour garder une bouche saine. Un brossage soigneux des dents, si possible après chaque repas, est recommandé. Il est également conseillé d'éviter de grignoter, notamment des aliments sucrés ou mous qui collent aux dents. Les boissons acides comme certains jus de fruits et sodas sont à consommer avec modération : elles favorisent la destruction des tissus de la dent. Enfin, un détartrage régulier des dents permet d'éviter le développement des maladies de la gencive.
Pour en savoir plus :
Lire notre fiche santé "Mieux préserver ma santé bucco-dentaire"
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