16/01/2012
Tous les parents ne peuvent pas payer des cours privés de soutien scolaire. Mais il existe de nombreuses structures qui accueillent gratuitement des enfants, notamment ceux des quartiers défavorisés. C'est pour les aider qu'Emmanuel s'est engagé dans l'association parisienne Réussite.
De ses années d'école, Emmanuel se souvient avoir été un « bon élève », sage en classe et travailleur. Dès le collège, il marque une nette préférence pour les matières littéraires. Devenu adulte, c'est pourtant sur toutes les matières qu'il aide des élèves du CP à la terminale, au sein de l'association parisienne Réussite, tous les lundis et vendredis soir. Comme il garde un « souvenir précieux » de certains de ses professeurs, il espère aujourd'hui marquer le parcours de ces enfants et adolescents qu'il voit chaque semaine, pour certains depuis plusieurs années.
« Moins prof que grand frère », il veut leur donner le goût des études. Pour ce jeune homme de 34 ans qui travaillait jusqu’à l'année dernière dans un centre d'archives à Montreuil, en banlieue parisienne, ces rendez-vous associatifs sont précieux. A tel point que, sans emploi depuis quelques mois, il a tenu à poursuivre son activité bénévole.
S'il déteste le bruit des véhicules à grande vitesse, c'est sans doute parce qu'Emmanuel connaît la valeur du temps qui passe, lui qui se définit avant toute chose comme « patient ». Il aime flâner devant les toiles de Monet et de Turner, se délecte autant des pages de Marcel Proust et de Paul Auster que des aventures de Tintin, navigue volontiers entre Bach et le compositeur folk Elliott Smith.
Ouvrir l’horizon des élèves
Son attrait pour la culture et la connaissance, il ne le perçoit pas comme un fossé entre lui et les jeunes qu'il accompagne avec flegme. Au contraire, il y voit une chance d'ouvrir leur horizon. Nul doute que le parcours de ses parents, enseignants en milieu agricole et bénévoles dans des associations catholiques, n'est pas étranger à son goût pour la transmission du savoir et son engagement social.
Ce Breton, arrivé à Paris en 2000 pour finir ses études, dit s'être découvert « des capacités pédagogiques insoupçonnées » grâce à son implication dans l'association, qu'il a rejointe en 2006 après avoir lu une annonce dans le journal municipal de Paris. « Je me suis lancé dans l'inconnu et, au fur et à mesure, je me suis fait ma place », raconte-t-il.
Comme les autres bénévoles de l'association, il n'a pas suivi de formation particulière, mais a simplement manifesté son envie d'aider des jeunes de quartiers souvent défavorisés : « L'association est prête à accueillir toutes les bonnes volontés. Et souvent, cela se passe très bien. » Ils sont ainsi six ou sept adultes à se retrouver en même temps dans les locaux de l'association un ou deux soirs par semaine, de 16 heures 30 à 19 heures, et à s'occuper de leurs élèves par petits groupes. La première heure est dédiée aux primaires, puis les collégiens et lycéens prennent la relève.
Rompre l’isolement
Emmanuel dit aimer « l'interaction plus personnelle que celle qu'il peut y avoir dans une classe ». Il estime que son rôle est de « rompre l'isolement de l'enfant face à la chose scolaire ». Il favorise ainsi le dialogue, s'adapte au rythme d'apprentissage des jeunes qu'il accompagne et fait en sorte qu'ils se sentent moins « jugés » par les autres : « Ils ont moins peur de poser des questions ou de proposer des réponses. » C'est parce qu'il n'aide qu'un, deux, voire trois élèves en même temps qu'il se sent apte à répondre à leurs besoins individuels.
« C'est vraiment beaucoup plus facile qu'avec trente ados. Pour moi, mais surtout pour eux : ils sont moins perdus qu'en cours, où les enseignants n'arrivent pas à faire face à l'explosion des effectifs en classe. » Aujourd'hui, il attend une réforme profonde de l'Education nationale, « qui tarde à venir » et qui permettrait que plus aucun élève ne soit laissé sur le bord de la route. Dans l'intervalle, Emmanuel poursuit son engagement sans relâche.
Bartholomé Girard
Pour en savoir plus Vous pouvez prendre contact avec l’association Réussite. Tél. : 01 42 55 18 07. Site Internet www.assoreussite.free.fr
Tout le monde peut faire du soutien scolaire
Pas besoin d'être enseignant, parent ou d'avoir des petits frères ou sœurs pour pouvoir accompagner des élèves en difficulté. L'aide scolaire bénévole, dans les associations françaises, consiste surtout à aider des enfants et adolescents à faire leurs devoirs et à leur accorder le temps et l'attention dont certains peuvent avoir besoin pour ne pas échouer à l'école. Certaines associations offrent une formation, mais ce n'est pas systématique. L'engagement demande en revanche d'être disponible au moins un soir dans la semaine à partir de 16 heures 30.
B. G.
|
Proposez vos services !
La plupart des associations caritatives cherchent des bénévoles pour l’aide aux devoirs. Pour connaître leurs besoins près de chez vous, contactez leur antenne dans votre ville ou consultez leur site Internet. Pour découvrir d’autres associations, vous pouvez vous renseigner dans votre mairie, auprès de la structure nationale France bénévolat (www.francebenevolat.org) ou sur le site spécialisé Soutien scolaire plus (www.soutien-scolaire-plus.net).
|