Qu’est-ce que la dépendance aux médicaments ?
Lorsqu’un traitement est pris selon la durée et les doses prescrites par le médecin, le risque de dépendance reste généralement limité. En revanche, une utilisation excessive, prolongée ou inadaptée peut favoriser l’apparition d’une addiction. « Dans certains cas, les patients deviennent physiquement et/ou psychologiquement dépendants à un traitement, souvent après une utilisation prolongée, indique Jean-Marc Glémot, pharmacien titulaire d’officine. On parle alors de dépendance aux médicaments. » Un phénomène insidieux qui peut avoir des répercussions graves sur la santé dans tous ses aspects.
Quels médicaments sont les plus concernés ?
Les médicaments les plus fréquemment impliqués dans les dépendances sont ceux qui agissent directement sur le cerveau et modifient l’humeur et la perception de la douleur. « C’est le cas des psychotropes, comme les anxiolytiques, les somnifères et certains antidépresseurs, développe le pharmacien. Les opiacés, notamment la morphine et les dérivés de codéine, utilisés pour traiter la douleur, figurent également parmi les substances les plus addictives ».
Tout le monde n’est pas égal face à la dépendance aux médicaments. « Certaines personnes en effet métabolisent et éliminent notamment la codéine plus lentement, explique le professionnel de santé. Cela entraîne une tolérance au médicament, incitant la personne à augmenter les doses pour obtenir les mêmes effets, ce qui peut déboucher sur une spirale dangereuse ». C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin. Si un médicament n’est pas adapté, il pourra alors modifier le traitement.
Quels sont les signes d’une dépendance aux médicaments ?
La dépendance aux médicaments peut être difficile à repérer, car elle s’installe parfois de façon progressive. Certains signes doivent toutefois attirer l’attention.
Les signes possibles sont notamment :
- une envie irrépressible de prendre le médicament ;
- une difficulté à réduire ou arrêter le traitement ;
- une augmentation progressive des doses ;
- une inquiétude importante à l’idée d’en manquer ;
- des changements soudains de comportement ;
- des symptômes de sevrage, comme des tremblements, des sueurs, de l’anxiété ou des troubles du sommeil.
Ces signes ne doivent pas être minimisés. En cas de doute, il est important d’en parler à un professionnel de santé.
Le rôle du pharmacien et de l’entourage
L’entourage joue un rôle important pour repérer un changement de comportement ou une consommation inhabituelle de médicaments. Une personne dépendante peut avoir du mal à identifier elle-même la situation.
Le pharmacien occupe également une place essentielle. En tant que professionnel de santé de proximité, il peut repérer certains signaux. « Les médicaments ne sont pas des produits anodins, insiste Jean-Marc Glémot. Nous sommes donc extrêmement vigilants face au renouvellement fréquent de certains médicaments. Dans ce cas, il est de notre responsabilité d’alerter la personne, et au besoin, de prévenir le médecin et les confrères aux alentours. Cette procédure est prévue dans le cadre de la coopération interprofessionnelle. » Cependant, le secret médical ne les autorise pas à contacter les proches. Dans le cas d’un mineur, les pharmaciens peuvent toutefois informer les parents.
Quel accompagnement médical ?
Lorsqu’une dépendance est identifiée, un suivi médical est nécessaire. « Lors du sevrage, il est indispensable d’être accompagné médicalement et psychologiquement », considère Jean-Marc Glémot. Dans certains cas, des structures spécialisées, comme les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), offrent un soutien précieux. Par ailleurs, la relaxation ou encore la thérapie comportementale peuvent également constituer des solutions complémentaires efficaces. « Plus le sevrage est amorcé tôt, plus les chances de réussite sont grandes », conclut le spécialiste. D’où l’importance d’être particulièrement vigilant.
FAQ
Certains médicaments agissant sur le cerveau, le sommeil, l’anxiété ou la douleur peuvent présenter un risque de dépendance. C’est notamment le cas de certains anxiolytiques, somnifères, antidépresseurs ou opiacés.
Certains signes peuvent alerter : besoin de prendre le médicament, augmentation des doses, peur d’en manquer, difficulté à arrêter ou symptômes de sevrage. En cas de doute, il faut en parler à un médecin ou à un pharmacien.
Il est déconseillé d’arrêter brutalement un traitement sans avis médical. L’arrêt doit être encadré, car certains médicaments peuvent entraîner des symptômes de sevrage.
Vous pouvez en parler à votre médecin, à votre pharmacien ou à une structure spécialisée comme un CSAPA. Ces professionnels peuvent proposer un accompagnement adapté.